Jardiner mains dans la terre : bon pour votre immunité (et votre moral)

Ce sentiment de bien-être après une session de jardinage n’est pas que dans la tête. La recherche s’intéresse depuis près de vingt ans à une bactérie précise du sol, et à ce qu’elle ferait à notre système immunitaire — et à notre humeur.

 

On jardine pour les légumes, pour le calme, pour le geste. Rarement en pensant à son système immunitaire. Pourtant, un pan entier de la recherche en immunologie et en neurosciences s’intéresse depuis les années 2000 à ce qui se passe, très concrètement, quand nos mains plongent dans une terre vivante.

L’hypothèse des vieux amis, en version jardinage

Nous détaillons ailleurs l’hypothèse dite des « vieux amis » : notre système immunitaire se serait construit, sur des millénaires, au contact permanent des micro-organismes du sol, de l’eau et des animaux. Le mode de vie urbain moderne — sols appauvris, contact minimal avec une terre vivante, désinfection systématique — est associé à une hausse des maladies inflammatoires, allergiques et auto-immunes dans les pays industrialisés.
Le jardinage, à ce titre, est l’une des rares pratiques du quotidien qui remet régulièrement un adulte urbain en contact direct avec cette biodiversité microbienne. Une piste de recherche s’est concentrée sur une bactérie du sol en particulier.

Le cas Mycobacterium vaccae

Mycobacterium vaccae est une bactérie découverte dans la terre près du lac Kyoga, en Ouganda. Depuis 2007, l’équipe de Christopher Lowry, professeur de physiologie intégrative à l’université du Colorado à Boulder, étudie ses effets chez l’animal : chez la souris, l’exposition à cette bactérie du sol active des cellules cérébrales productrices de sérotonine, produit un effet anti-inflammatoire au niveau cérébral, et atténue les symptômes d’un syndrome de stress proche de ce que l’on observe chez l’humain après un choc post-traumatique.

Ce que la science établit — et ce qu’elle ne dit pas (encore)
Ces résultats proviennent pour l’essentiel de modèles animaux (souris). Des essais cliniques chez l’humain sont en cours, notamment en collaboration avec le département des Anciens combattants (Veterans Affairs) aux États-Unis, mais aucune conclusion définitive n’est encore établie sur l’effet direct du contact avec le sol sur l’humeur ou l’immunité humaine. Le lien reste, à ce stade, une piste de recherche sérieuse et active — pas un traitement.

Ce que ça change, concrètement, au jardin

Sans attendre les conclusions définitives de la recherche, quelques principes de bon sens permettent déjà de profiter de ce contact avec un sol vivant :

  • Un sol riche en micro-organismes vaut mieux qu’un sol stérilisé. Un compost semi-actif et diversifié — comme celui obtenu par le compostage bokashi aérobie — héberge une communauté microbienne bien plus riche qu’un sol nu ou traité aux intrants chimiques.
  • Le contact direct avec la terre a sa place, en dehors des situations où des gants s’imposent pour d’autres raisons (produits, coupures, sols potentiellement contaminés).
  • La diversité végétale du jardin compte aussi : plus les plantes cultivées sont variées, plus la communauté microbienne du sol qui les entoure a de chances de l’être également — un principe que nous détaillons dans le sol est un être vivant.

Cet article a un objectif informatif et pédagogique. Il ne constitue pas un avis médical et ne prétend pas que le jardinage traite ou prévient une pathologie donnée. En cas de question sur votre santé, consultez un professionnel de santé.

 

 

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