Jardiner mains dans la terre : bon pour votre immunité (et votre moral)
Ce sentiment de bien-être après une session de jardinage n’est pas que dans la tête. La recherche s’intéresse depuis près de vingt ans à une bactérie précise du sol, et à ce qu’elle ferait à notre système immunitaire — et à notre humeur.
L’hypothèse des vieux amis, en version jardinage
Le jardinage, à ce titre, est l’une des rares pratiques du quotidien qui remet régulièrement un adulte urbain en contact direct avec cette biodiversité microbienne. Une piste de recherche s’est concentrée sur une bactérie du sol en particulier.
Le cas Mycobacterium vaccae
Mycobacterium vaccae est une bactérie découverte dans la terre près du lac Kyoga, en Ouganda. Depuis 2007, l’équipe de Christopher Lowry, professeur de physiologie intégrative à l’université du Colorado à Boulder, étudie ses effets chez l’animal : chez la souris, l’exposition à cette bactérie du sol active des cellules cérébrales productrices de sérotonine, produit un effet anti-inflammatoire au niveau cérébral, et atténue les symptômes d’un syndrome de stress proche de ce que l’on observe chez l’humain après un choc post-traumatique.
Ces résultats proviennent pour l’essentiel de modèles animaux (souris). Des essais cliniques chez l’humain sont en cours, notamment en collaboration avec le département des Anciens combattants (Veterans Affairs) aux États-Unis, mais aucune conclusion définitive n’est encore établie sur l’effet direct du contact avec le sol sur l’humeur ou l’immunité humaine. Le lien reste, à ce stade, une piste de recherche sérieuse et active — pas un traitement.
Ce que ça change, concrètement, au jardin
Sans attendre les conclusions définitives de la recherche, quelques principes de bon sens permettent déjà de profiter de ce contact avec un sol vivant :
- Un sol riche en micro-organismes vaut mieux qu’un sol stérilisé. Un compost semi-actif et diversifié — comme celui obtenu par le compostage bokashi aérobie — héberge une communauté microbienne bien plus riche qu’un sol nu ou traité aux intrants chimiques.
- Le contact direct avec la terre a sa place, en dehors des situations où des gants s’imposent pour d’autres raisons (produits, coupures, sols potentiellement contaminés).
- La diversité végétale du jardin compte aussi : plus les plantes cultivées sont variées, plus la communauté microbienne du sol qui les entoure a de chances de l’être également — un principe que nous détaillons dans le sol est un être vivant.
Cet article a un objectif informatif et pédagogique. Il ne constitue pas un avis médical et ne prétend pas que le jardinage traite ou prévient une pathologie donnée. En cas de question sur votre santé, consultez un professionnel de santé.
