Puis j’ai découvert le Bokashi.Après plus de 15 ans passés dans le compostage, le lombricompostage, je pensais connaître l’essentiel des techniques de valorisation de la matière organique.
Pourtant, les 8 ans passés en Amérique du Sud ont profondément changé ma vision.Jusqu’en 2015, je travaillais principalement sur des procédés aérobies. Comme beaucoup de professionnels du compostage, je considérais les phénomènes d’anaérobiose comme des problèmes à éviter : mauvaises odeurs, instabilités biologiques, pertes de qualité, difficultés de contrôle…
Puis j’ai découvert une autre approche.Une approche développée à partir des principes de l’agriculture agroécologique largement diffusée en Amérique du Sud : le Bokashi.Le Bokashi n’est pas simplement un compost plus rapide.C’est une manière différente de concevoir la transformation de la matière organique.Son principe repose sur l’association volontaire de matières organiques, de ressources minérales locales, de micro-organismes et d’une source de carbone structurante comme le broyat végétal.Contrairement au compostage traditionnel qui nécessite souvent plusieurs mois, la préparation d’un Bokashi peut être réalisée en seulement 3 à 4 semaines.
Mais ce qui m’a le plus marqué n’est pas seulement sa facilité et sa rapidité de préparation. C’est sa capacité à s’adapter.Chaque territoire possédant ses propres ressources :🌱 Résidus de culture,🌱 Broyats végétaux,🌱 Fumiers et fientes,🌱 Sous-produits agroalimentaires,🌱 Ressources minérales locales,Le Bokashi met justement directement en relation la valorisation des matières produites localement en fonction des besoins des spécificités de ce sol, et des objectifs agronomiques recherchés.
Cette souplesse explique en grande partie pourquoi cette pratique est aujourd’hui utilisée dans pratiquement tous les pays d’Amérique du Sud, aussi bien par les maraîchers que par les agriculteurs, les pépiniéristes, les viticulteurs ou les collectivités. Chacun se l’approprie et met au point sa propre recette en toute autonomie.
Au-delà de la production d’un amendement organique, le Bokashi répond à plusieurs enjeux majeurs:
✔ Valoriser localement les matières organiques
✔ Réduire la dépendance aux intrants extérieurs
✔ Stimuler l’activité biologique des sols
✔ Améliorer leur structure
✔ Renforcer l’autonomie des systèmes agricoles.
Après des années de pratique, je considère aujourd’hui le Bokashi non pas comme un concurrent du compostage, mais comme un outil complémentaire particulièrement intéressant lorsque l’on recherche simplicité, rapidité, développement du tissu locale.
Recyclage/valorisation des ressources, mise en œuvre et autonomie locale.C’est précisément ce qui me passionne dans cette approche.Et vous, connaissiez-vous le Bokashi avant de lire ce post ?
